Prof. Folakemi Odedina

Professor and CHCR Assoc. Center Director, Mayo Clinic
  • United States of America

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French Translation provided below.

Défis de la recherche rencontrés par les chercheurs africains dans des pays francophones. Par Dr. Nkegoum Blaise, Dr. Coulibaly T.G. Safiatou, & Dr. Kaninjing Ernie

 « Face aux défis rencontrés par les chercheurs francophones, il existe des solutions d'origine africaine permettant de stimuler des activités de recherche solides dans les pays africains francophones. »

 En Afrique, plusieurs pays sont confrontés à une situation de double fardeau, à savoir les maladies infectieuses et la prédominance croissante des maladies non transmissibles (MNT).1,2 En dépit des progrès réalisés sur de nombreux indicateurs de santé, l'espérance de vie et la plupart des indicateurs de santé de la population en Afrique subsaharienne sont en retard par rapport à la plupart des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire dans différentes régions du monde.3 Face à ce double fardeau que représentent les maladies infectieuses et les maladies non transmissibles qui se développent rapidement, des études doivent être menées afin de trouver des solutions adaptées à l'Afrique. Malheureusement, pour les chercheurs des pays francophones d'Afrique, des barrières linguistiques et autres limitent les possibilités de participation à des recherches solides susceptibles d'améliorer les résultats en matière de santé et de qualité de vie.

Le milieu de travail et le désir de relever les défis cliniques ou liés à la santé auxquels les chercheurs sont confrontés stimulent souvent la collaboration et la participation à la recherche. Les conférences et ateliers scientifiques, où l'anglais est la langue d'expression dominante, permettent en outre d'être exposé aux recherches menées par d'autres chercheurs confrontés à des défis similaires. Les chercheurs ne maîtrisant pas bien l'anglais éprouvent des difficultés à saisir les spécificités des approches de recherche innovantes et à déterminer les domaines potentiels de collaboration ou de participation avec d'autres chercheurs.

Les chercheurs francophones sont confrontés au fait que les informations sur les subventions extra-muros et les prix scientifiques sont généralement rédigées en anglais avec peu de traduction en français. Dans leurs demandes de subventions, les chercheurs francophones d'Afrique subsaharienne présentent en outre un désavantage concurrentiel car leurs publications antérieures ont été publiées dans des revues françaises dont le facteur d'impact est plus faible que celui des revues scientifiques anglophones.

Avec les avancées des nouvelles technologies, de nouveaux équipements de laboratoire sont mis au point pour la recherche scientifique fondamentale. Les instructions d'utilisation de certaines de ces nouvelles technologies et de ces nouveaux équipements sont principalement rédigées en anglais, ce qui complique la tâche des chercheurs qui doivent obtenir des instructions en français pour apprendre à utiliser le nouvel équipement de laboratoire. Il en résulte souvent des retards dans le commencement des projets de recherche.

Certaines universités des pays francophones ne mettent pas l'accent sur la promotion et l'avancement de la carrière et ne récompensent pas la recherche et la publication continues après le statut de professeur titulaire. Il faut également savoir que l'obtention d'un poste de professeur titulaire s'accompagne fréquemment de responsabilités administratives au sein de l'université, ce qui réduit le temps qui pourrait être consacré aux activités de recherche. La collaboration interdisciplinaire est aussi rarement mise en avant, entraînant une certaine hésitation à participer à la recherche. Pour exemple, certains cliniciens hésitent à collaborer avec des chercheurs en sciences fondamentales et à partager des échantillons qui pourraient faire progresser les connaissances scientifiques sur l'étiologie de certaines maladies.

En Afrique subsaharienne, le sous-investissement dans les installations et les équipements de recherche, notamment dans les laboratoires, constitue un handicap majeur pour les chercheurs. Au retour, les chercheurs formés dans des institutions réputées d'Europe, d'Amérique et d'ailleurs retrouvent des laboratoires dénués d'équipements de base, ce qui entrave le transfert des connaissances acquises lors de leurs formations à l'étranger. Cette situation limite la possibilité de former un vivier de jeunes chercheurs dotés de la capacité et de l'expertise nécessaires pour mener des recherches avancées visant à relever les importants défis de santé.

Face aux défis rencontrés par les chercheurs francophones, il existe des solutions d'origine africaine permettant de stimuler des activités de recherche solides dans les pays africains francophones. La formation des doctorants et post-doctorants des pays francophones aux méthodes de recherche est un domaine d'opportunité évident. À titre d'exemple, considérant l'augmentation prévue de la prévalence du cancer sur le continent d'ici 20354, il conviendrait de mettre en place un programme de certificat en recherche oncologique sous la tutelle de OAREC pour les chercheurs francophones. Ce programme de certificat peut être offert en ligne et offrir des possibilités de projets de recherche encourageant les participants de différents sites à y prendre part. Le programme pourrait comporter des incitations sous forme de bourses de recherche, de prix et de reconnaissance pour les meilleurs participants.

Dans le but d'encourager la participation des chercheurs francophones aux conférences et ateliers scientifiques continentaux, les résumés en français devraient être autorisés. En outre, on pourrait présenter certains des exposés scientifiques clés en français ou au moins mettre en évidence les résultats des recherches les plus récentes. Cela permettra aux chercheurs francophones de proposer des résumés et de participer à ces réunions scientifiques où ils pourront créer des réseaux et développer des relations de collaboration professionnelle avec d'autres chercheurs. Cette initiative a le potentiel d'accroître la collaboration entre les chercheurs francophones et anglophones, résultant ainsi en des collaborations de recherche bilingues ou multilingues.

En conclusion en proposant d’avantage d’opportunité de colloborations entre chercheurs anglophones et francophones nous pourront participer à réduire les fractures entre ces chercheurs.

Références :

  1. Morhason-Bello IO, Odedina F, Rebbeck TR, et al. Challenges and opportunities in cancer control in Africa: A perspective from the African Organisation for Research and Training in Cancer. Lancet Oncol. 2013;14(4).
  2. Gouda HN, Charlson F, Sorsdahl K, et al. Burden of non-communicable diseases in sub-Saharan Africa, 1990–2017: results from the Global Burden of Disease Study 2017. Lancet Glob Heal. 2019;7(10):e1375-e1387. doi:10.1016/S2214-109X(19)30374-2
  3. Agyepong IA, Sewankambo N, Binagwaho A, et al. The path to longer and healthier lives for all Africans by 2030: the Lancet Commission on the future of health in sub-Saharan Africa. Lancet. 2017;390(10114):2803-2859. doi:10.1016/S0140-6736(17)31509-X
  4. Forouzanfar MH, Afshin A, Alexander LT, et al. Global, regional, and national comparative risk assessment of 79 behavioural, environmental and occupational, and metabolic risks or clusters of risks, 1990–2015: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2015. Lancet. 2016;388(10053):1659-1724. doi:10.1016/S0140-6736(16)31679-8